12/2010 - Gérard Pédraglio, conseiller du Président, PlaNet Finance -
Lu dans http://www.planetfinancegroup.org
L’entreprenariat, un facteur essentiel dans l’essor des banlieues : le programme Entreprendre en Banlieue de PlaNet Finance France à travers son réseau d’associations ADAM
Les rapports sur ce qu’il faudrait faire pour améliorer le sort des banlieues ne manquent pas, ce sont les moyens mis en œuvre et la continuité des actions qui font plutôt défaut.
L’accès à l’emploi comme base du processus de développement
Les conclusions des analyses sont convergentes : il faut assainir les constructions des années soixante-dix-80, trop souvent délabrées par manque d’entretien, créer des conditions d’environnement plus vivantes, plus conviviales dans ces quartiers, et surtout, développer l’emploi, notamment des jeunes. Refaire du béton propre ne sert à rien si la lèpre du chômage, de l’inactivité forcée, et le manque de liens sociaux créés par le travail ne sont pas traités en priorité. La dégradation des locaux, les trafics et la violence séviront encore. Or la création d’emploi ne peut pas être soutenue indéfiniment par des tâches d’intérêt public, à la charge de collectivités territoriales impécunieuses. Les emplois qu’on peut espérer pérennes sont les plus économiquement justifiés, ceux qui créent de la plus-value, donc qui valorisent un savoir-faire correspondant à un besoin marchand. Les grandes entreprises qu’on attire dans les quartiers, notamment grâce aux Chambres de Commerce ne contribueront que relativement peu à la création d’emplois, et recourront à de la main d’œuvre d’ailleurs, surtout pour les emplois les plus qualifiés.
Restent les PME et petites entreprises locales. C’est là qu’est le gisement unique de nouveaux emplois. Ce sont elles qu’il faut en priorité multiplier. Or il se trouve que ces quartiers regorgent de talents et d’imaginations inemployés, de désirs frustrés, de volontés de construire, que l’isolement, le manque d’expérience des façons de faire auprès des administrations, les rejets des institutions bancaires ou autres, handicapent lourdement.
Les plus avancés des candidats à la micro-entreprise ont des besoins de financement que des associations telles que l’ADIE, les plates-formes INITIATIVE, FRANCE-ACTIVE, FINANCITES, aident à résoudre. D’autres ont d’abord besoin d’un accompagnement personnalisé qui guide, encadre, encourage les porteurs de projet, et leur donne la première expérience sans laquelle leur idée ne se concrétisera jamais. C’est l’axe conducteur du programme Entreprendre en Banlieue de PlaNet Finance France à travers son réseau d’associations ADAM.
Le programme Entreprendre en Banlieue
Cet accompagnement est une action de terrain, basée sur les principes de proximité (tous nos accompagnateurs sont issus ou ont une grande connaissance personnelle des quartiers), d’exemplarité (les Conseils d’Administration de nos ADAM sont constitués d’entrepreneurs qui en sont aussi issus, et font figure d’exemples pour les jeunes), et de continuité dans le suivi des créateurs (de l’amorçage de projet, au conseil au démarrage après création). La clé du succès de l’accompagnement est la qualité de la relation humaine et la force de la confiance qui s’établissent entre le porteur de projet et l’accompagnateur. Notre expérience de plus de 500 créations accompagnées a montré que le vrai enjeu de la fertilisation des quartiers est le renforcement de la confiance en soi que ceux qui ont des idées et du courage ont besoin d’avoir, de l’apprentissage des attitudes et comportements propres au travail, de la valorisation des réussites dans les quartiers, auprès des jeunes en priorité. L’importance de l’accompagnement et de la formation Si cet état d’esprit prévaut, et si un effort public et régional est consenti pour étendre un réseau d’accompagnement proactif et personnalisé sur les quartiers sensibles, en amont des institutions de microfinancement et cherchant une chance pour chacun, pourvu qu’il accepte les disciplines et contraintes du travail, beaucoup d’inactifs d’aujourd’hui se mettront à leur compte. Certains trouveront plus facilement un emploi salarié; d’autres planteront des semences de PME. Tous participeront à l’activation des quartiers. Il restera à développer la formation générale et professionnelle surtout en direction des jeunes des quartiers. Faute de quoi, les domaines de création d’entreprises individuelles resteront très étroits.
La question est en effet qu’avec des domaines de création portant surtout sur l’aide à la personne ou des activités peu qualifiées comme actuellement, le marché local peut assez vite être saturé, et les nouveaux créateurs vite déçus. Par contre, si une formation professionnelle efficace et ciblée sur les besoins peut être mise en œuvre, la multiplication des créations de TPE dans les zones de sous-emploi, fortifiera pour tous le sentiment que ceux qui le veulent vraiment arrivent à s’en sortir, et c’est le plus puissant encouragement à entreprendre.
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