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11/2009 www.senego.com
L’Algérie est leur nouvel El Dorado - Les émigrés ciblent des secteurs rentables
Les sociétés de travail intérimaire pourraient être introduites par des investisseurs algériens résidant en France dès que la loi algérienne le permettrait.
Les projets dinvestissements des Algériens résidant à létranger seront orientés vers des secteurs précis. Cest pour définir les contours de cette nouvelle politique que lAssociation des banques et des établissements financiers participera le 15 de ce mois, au Maroc, à une réunion initiée par la Banque africaine du développement. Nos sources indiquent que le temps nest plus à la réflexion sur le sujet, mais quil sagit effectivement de passer à une phase de mise en oeuvre de décisions très concrètes. Cest, en tout cas, ce que pense Tahar Rahmani, délégué général de lAgence pour la coopération internationale et le développement local en Méditerranée (Acim). Ce responsable était dailleurs à Alger à la fin du mois dernier à la tête dune vingtaine dinvestisseurs potentiels qui ont choisi de prospecter le marché algérien. Lassociation annonce que quelques projets semblent ainsi immédiatement opérationnels. Il sagit dun centre de formation et dune usine de conservation dans la pêche. Toujours dans lagroalimentaire, il est fait état dun projet dexportation de fruits et légumes vers la France. Dans le secteur du tourisme, cest un centre de vacances dans lOranie qui a eu les faveurs des investisseurs. Les domaines liés à la technologie et à lindustrie, ne sont pas négligés. Un centre de certification dans le métier de lénergie devrait aussi voir le jour grâce à largent des émigrés. Ces initiatives ne sont pas faites seulement pour plaire au ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Communauté nationale à létranger, Djamal Ould Abbès. Même la Commission européenne est intéressée par les initiatives concernant le retour des émigrés dans leurs pays dorigine.
Elle est aussi intéressée par la transparence des circuits de transfert dargent afin quil nemprunte pas des canaux gérés par la mafia au risque dêtre destinés à des entreprises douteuses et au financement du commerce de la drogue et du terrorisme. Selon Acim, ces investisseurs ne sont pas rebutés par les changements du cadre juridique dinvestissement en Algérie à lissue de la loi de finances complémentaire de 2009.
Dans les ressources humaines, les chefs dentreprise ont validé que leurs projets sont destinés à la formation professionnelle et à la création de sociétés dintérim. Ce serait une première dans le pays qui na pas encore de sociétés permettant de gérer les ressources humaines pour le compte dune autre entreprise.
Lagence Acim ainsi que la Commission européenne à travers le programme Invest In Med sont même daccord pour prolonger les actions de prospection par la mise en place dun atelier thématique sur ce dossier. Le tourisme bénéficie de la même attention. Si ces projets arrivent à leur terme, il viendront sajouter aux transferts des travailleurs vivant à létranger qui ne représentent actuellement quune faible part du PIB par rapport aux autres économies méditerranéennes. Le montant serait de 4 milliards de dollars par an.
Le Forum méditerranéen des instituts des sciences économiques a constaté quen 2007, ces transferts représentaient 2,2% du PIB. La consolation vient du fait que cette situation fait que léconomie du pays est lune des moins vulnérables concernant ce canal de transmission en temps de crise, lorsque les émigrés sont privés de travail dans les pays européens où se trouve une forte communauté algérienne.
A cause du chômage en Europe, les premières estimations envisagent une baisse de 17% des envois de fonds, selon la même source. Linvestissement envisagé est aussi appelé à redresser la situation dans ce domaine, car lapport des étrangers a diminué. Les investissements ont connu une baisse denviron 3 milliards de dollars en 2008, soit 40% en moins par rapport à lannée précédente. Labandon ou la mise en veille de nombreux projets financés par les pays du Golfe en sont la cause principale. Et le manque à gagner en emplois est lune des conséquences de ce tassement.
Cet article est aussi publié sur : Lexpressiondz.com
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