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01/2010
Un nouveau rapport de la Banque mondiale plaide en faveur de mesures visant à organiser la mobilité de l’emploi et à favoriser une meilleure adéquation entre l’offre et la demande de compétences dans le monde entier

Bruxelles, le 16 mars 2009 — Dans les décennies à venir, l’évolution de la situation démographique mondiale va entraîner une forte augmentation de la mobilité de la main- d’œuvre et de l’emploi. Selon un rapport intitulé Shaping the Future: A Long Term Perspective of People and Job Mobility for the Middle East and North Africa, publié aujourd’hui par la région MENA de la Banque mondiale, certaines régions pourraient se trouver confrontées, d’ici 2050, à un déficit de main-d’œuvre global de 215 millions de personnes, alors que d’autres pourraient enregistrer un excédent de main-d’œuvre de plus de 500 millions de personnes. Les conclusions de ce rapport ont été présentées lors d’une réunion co-organisée avec la Commission européenne, à Bruxelles.

Le rapport, établi par des experts de la Banque mondiale dans le cadre d’un projet parrainé par la Commission européenne au titre du programme Aeneas, soutient que la demande mondiale de compétences va s’orienter vers des qualifications de plus en plus élevées, tous niveaux confondus. Or, les régions riches en main-d’œuvre, notamment le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud-Est ne sont pas encore prêtes à répondre à ces besoins. « L’exemple de la région MENA et de l’Europe est particulièrement révélateur. À l’horizon 2050, l’Europe devrait perdre 66 millions d’actifs, alors que dans la région MENA la croissance de la population active dépassera les 40 millions. En même temps la demande de qualifications de niveaux intermédiaires devrait atteindre son point culminant en Europe. Les performances en matière d’éducation et l’emploi des femmes devront augmenter de manière sensible si l’on veut que les travailleurs de la région MENA soient en mesure de tirer parti des possibilités d’emploi qu’offre le marché européen », a précisé Leila Zlaoui, auteur principal du rapport.

Le rapport souligne par ailleurs que la migration n’est pas une panacée et ne peut résoudre à elle seule tous les problèmes d’emploi de la région MENA. Les économies de la région MENA doivent créer prés de 4 millions d’emploi chaque année pour les nouveaux entrants dans la population active. Seules des réformes nationales visant à promouvoir la croissance et la création d’emplois peuvent aider les pays de la région à faire face à l’explosion de la population des jeunes. Toutefois, les politiques et les réformes institutionnelles nécessaires pour favoriser la création d’emplois dans le secteur privé et la croissance de la productivité du travail au plan national cadrent largement avec celles qui doivent être mises en œuvre pour attirer des emplois dans la région et tirer parti des possibilités qu’offrent les marchés mondiaux du travail. Si la migration, aujourd’hui figure en bonne place parmi les priorités de la communauté internationale, ce sont surtout les questions liées à la migration de main-d’œuvre hautement qualifiée, aux politiques d’intégration et à la sécurité qui sont au cœur du débat. Or, préparer l’avenir suppose d’opérer des changements de grande ampleur dans d’autres domaines comme l’éducation et la formation, la protection sociale, les marchés du travail et les politiques migratoires, dans les pays d’émigration comme dans les pays d’accueil. Le rapport indique que la plupart des politiques visant à promouvoir la mobilité de la main-d’œuvre s’adapteront à mesure qu’augmentera la demande dans les pays ayant un déficit de main-d’œuvre. Toutefois, les analyses présentées montrent que l’offre d’expertises ne peut s’ajuster rapidement. En fait elle pourrait même constituer un goulot d’étranglement, compte tenu du temps nécessaire pour former un travailleur qualifié. « L’acquisition de compétences est un processus qui s’inscrit dans le long terme et commence dès le plus jeune âge. Les enfants d’aujourd’hui seront les actifs de 2030, et les travailleurs de 2050 seront nés et auront été formés dans les 10 à 20 prochaines années. La formation des travailleurs susceptibles de répondre aux besoins du marché mondial du travail à l’horizon 2030 et au-delà doit donc commencer dès maintenant », a ajouté Mme Zlaoui.

La réorganisation des systèmes d’éducation et de formation des pays à main-d’œuvre abondante est une entreprise colossale. Dans nombre de cas, ces pays ne disposent pas des compétences ou des ressources nécessaires pour élargir l’accès à l’éducation et améliorer la qualité de l’enseignement dispensé. Les pays d’émigration tout comme les pays d’accueil risquent de pâtir de cette situation s’ils n’agissent pas rapidement, et de manière concertée. « Il faut maintenant mettre sur pied un mécanisme mondial de collaboration permettant de mobiliser les pouvoirs publics, les bailleurs de fonds, les acteurs économiques et les entreprises, les fondations, les ONG, les diasporas et tous les acteurs concernés, afin qu’ils s’attaquent aux problèmes rencontrés en matière de ressources et de compétences, dans l’intérêt de tous, » a déclaré Daniela Gressani, vice-présidente de la Banque mondiale pour la région MENA.Peter Bosch, directeur adjoint de l’Unité Immigration et asile de la Commission européenne, a exprimé son soutien à la démarche préconisée par l’équipe de la Banque mondiale. « La démarche présentée dans ce rapport au sujet de la migration et de la mobilité de la main-d’œuvre cadre très largement avec celle de la Commission. En dépit de la crise actuelle, nul ne peut ignorer que la situation démographique et les réalités du marché du travail vont inévitablement évoluer au cours des prochaines décennies. Il nous faut donc mettre en place dès maintenant des mécanismes souples et adaptés capables d’optimiser les avantages découlant de l’accroissement de la mobilité de la main-d’œuvre et répondant aux intérêts de tous les acteurs concernés. Pour cela, l’Union européenne doit intensifier le dialogue et la coopération avec ses partenaires gouvernementaux et non gouvernementaux et s’y emploie déjà avec vigueur ».M. Bosch estime que, dans ce contexte, les pays d’émigration et d’accueil doivent d’urgence mieux cerner les réalités des migrations. Selon lui, « L’élaboration de profils migratoires pays sera très utile dans ce domaine, dans la mesure où elle permettra de réunir des données factuelles de nature à faciliter le dialogue. ». Il rappelle que l’Union européenne est prête à examiner, avec les pays d’Afrique du Nord intéressés, les moyens de mettre en place un dispositif efficace de gestion de la migration et de la mobilité de la main-d’œuvre, et à accroître l’assistance technique qu’elle fournit à cette fin.En conclusion, le rapport souligne que les pays d’émigration et d’accueil doivent appréhender ces questions autrement, et comprendre que la mobilité professionnelle et la mobilité de la main-d’œuvre peuvent répondre aux intérêts de tous et favoriser une mondialisation intégratrice et durable. Le rapport et les documents connexes sont présentés dans leurs grandes lignes à l’adresse suivante : www.worldbank.org/mna


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